Entretien avec The Blindest Man à l’occasion de la sortie de son nouvel EP.

Peux-tu te présenter pour les gens qui ne te connaisse pas ?

Antoine Renaud aka The Blindest Man. C’est un pseudonyme que j’ai utilisé à mes débuts dans l’auto-production de mes musiques. Au commencement en 2012, j’étais plutôt orienté sur des enregistrements hip-hop. Puis je me suis penché sur les logiciels de MAO pour sortir mes premières prod’ hip-hop afin d’y allier ma voix et mes idées de compositions. De là, né un premier EP hip-hop (Rising Sun). Par la suite, je me suis orienté sur les différents styles hybrides de la grande famille des musiques Électroniques. Dubstep, Drum&Bass, Trap, Techno, Ambient, Trance, Dub, Chill, Hardcore, tout y passe ! En cherchant à incorporer ma touche, deux petits EP sont nés de ces expérimentations [INFINITY] et Rest, qui reste des productions instrumentales.

Aujourd’hui, je sors mon quatrième EP, Endless Journey, s’inscrivant toujours dans cette continuité de fusion des styles électroniques. Par ailleurs, j’utilise aussi ce pseudo pour englober l’intégralité de mes productions, qu’elles soient musicales ou graphiques.

Ça fait combien de temps que t’es sur cet EP ?

Endless Journey n’est pas né en un mois. L’idée de sortir un nouvel opus me trotte dans la tête depuis quatre ou cinq mois. Certaines des musiques contenues dans l’EP sont des productions de longue date. J’ai revisité celles-ci avec de l’expérience supplémentaire. Avant sa sortie, j’ai travaillé sur d’autres projets afin de faire mûrir les musiques contenues dans l’EP. On peut donc dire que ça m’a pris un certain temps pour réaliser cet ensemble (visuels, musiques, mix, com, etc.)

Comment tu t’y es pris pour composer et produire Endless Journey ?

Je ne sais pas trop comment décrire ma manière de composer. Les idées fusent. Par moment on se sent inspiré alors on passe 10 heures devant son ordinateur. D’autres fois, c’est la pénurie d’idées, donc on laisse mûrir, on attend, on essaie, on recommence. Mais de manière générale, l’EP contient de l’électronique avec les divers instruments contenus dans les logiciels que j’utilise, de l’acoustique avec ma voix enregistrée afin de créer des nappes, ou encore de la guitare enregistrée via interface.

Comment décrirais-tu Endless Journey à une personne qui commence à se plonger dans la musique éléctronique ?

Endless Journey, c’est une grosse soupe avec pleins de bonnes choses dedans. Sans rire, tu y retrouves pleins d’influences différentes : Dubstep, Neurofunk, Hardcore, Chill, … Ce que je voulais transmettre dans cet EP, c’est les possibilités d’associations entre les différents styles. Une fusion, un rapport entre des styles qui parfois, peuvent être incohérents les uns avec les autres.

Si tu viens d’entrer dans la musique Électronique, je pense que Endless Journey peut te présenter un panel “rigolo” de ce monde. Mais je pense avant tout qu’un EP doit reflété la personnalité de l’artiste qui l’a créé. En conclusion, si tu kiffes, tu peux te considérer comme bi-polaire. (rire)

Est-ce que tu as voulu te détacher musicalement de ton groupe Wub Faction ou on peut y retrouver un parallèle ?

The Blindest Man est membre de Wub Faction. En partant de là, on retrouve une partie de ma touche dans Wub Faction. Cependant, j’essaie au maximum de différencier les deux. Wub Faction c’est principalement BassMetal (Métal/électro), alors que The Blindest Man touche à tout. De plus, les deux entités sont membres de Fraktal Beats (notre association), et je pense qu’il est bon que tous les styles de musiques y soient représentés.

À l’avenir, je vais encore plus marquer cette différence. J’ai quelques projets dans lesquels je voudrais m’investir.

Que penses tu de cette génération d’artistes qui s’auto produisent à l’air du numérique ?

C’est notre génération ! Maintenant, il est facile de se construire son home studio. Tu peux créer ta propre musique très facilement, tu partages, tu aimes, tu enregistres, tu convertis, tu télécharges, tout est simplifié avec le numérique. Je suis vraiment content d’appartenir à cette génération.

L’auto-production, c’est aussi une forme d’émancipation. Selon moi, c’est avant tout des sentiments qu’il faut véhiculer dans ses productions. Personnellement, je m’oriente sur des choses “Dark”, la mélancolie m’inspire. J’aime bien partager ce que je ressens avec les gens. Et maintenant, c’est d’autant plus facile.

Qu’est-ce que tu imagines quand on te parles de la musique électronique dans 20 ans ?

Personne ne peut savoir de quoi est fait demain. J’ai plusieurs suppositions à ce sujet. Il est possible que la musique électronique s’oriente de plus en plus vers un système commercial. Il y’a de plus en plus d’adeptes d’électro mainstream, et donc une massification de celle-ci. Par contre, je ne perds pas espoir dans les musiques divergentes, il y’aura toujours quelqu’un qui voudra faire différemment des autres. Je salue le geste. Disparition de l’Électro au profit d’autres styles ? Massification ? Il n’y a aucune certitude pour l’avenir…

Est-il possible de voir jouer un jour en live The Blindest Man ?

C’est possible ! Aujourd’hui, j’évolue sur des DJ sets accompagnés d’une touche live avec des effets/remix via mon KaossPad3. Drum&Bass, Psy-Trance, Dubstep sont mes principaux domaines. Je n’ai pas de dates programmées pour le moment mais je suis ouvert à toutes propositions.

Quels sont tes plans pour le futur ?

Endless Journey sort. Je pense de plus en plus à une formule live des concerts de The Blindest Man. M’étaler sur un live ambient/chill/techno accompagné de guitares “psychédéliques”. Ce n’est qu’un projet, mais il est amené à se concrétiser.

En attendant, je continue de composer. Quelques sorties programmées pour Wub Faction et The Blindest Man, des lives, un développement de l’association Fraktal Beats et peut-être quelque chose de plus gros ? Affaire à suivre.