Qu’elle soit jaune, noire, blanche; que l’on en parle ou que l’on préfère tout simplement l’ignorer pour ne pas blesser, on ne peut pas la manquer…elle est là, partout et se distingue par son incroyable présence médiatique en ce début de saison 2015/2016 qui promet d’être riche en débats idéologiques et donc en scandales à gogo.

Pourquoi le mot « race » provoque-t-il de telles réactions? Doit-on y voir un message reflétant l’état de notre société actuelle ? Et qui est le mieux placé pour en parler ?

Une omniprésence suffocante

C’était il y a une dizaine de jours. Nadine Morano prononçait à la télévision – sur une chaîne du service public et qui plus est à une heure de forte écoute: « le samedi soir chez Ruquier » comme dirait l’autre – le mot traumatisant, strident, ayant le pouvoir d’envoyer Yann Moix crier son indignation sur tous les toits – ce qui n’est pas une mince affaire: le mot RACE.

Voilà ça y’est c’est dit… Immédiatement la machine médiatique se met en route pour dénoncer des propos dignes d’un autre temps, interdits au XXIème siècle, se référant au plus triste épisode de l’Histoire de l’humanité, à savoir la Shoah. La pauvre fille de l’Est en a pris pour son grade et le monde politico-médiatique a pu une fois de plus montrer sa capacité à « monter les blancs en neige » si je puis me permettre…

Depuis que “le mot” est sorti, on l’entend dans toutes les bouches, on le voit à la Une de magazines ou de quotidiens… Un déferlement qui n’a qu’un seul effet : saper le moral du citoyen qui ose croire encore au renouveau de son pays et en l’idéal d’une Nation unie envers et contre tou(t)(s).

Un miroir sociétal évident

Mais alors pourquoi une telle réaction ? Si brutale et si craintive ? Tout simplement parce que la parole publique est à la mélancolie et au passé (Shoah, précédentes vagues migratoires, crise des années 30,…) alors qu’elle devrait plutôt plonger dans un présent pleinement assumé comme l’indique l’académicien Alain Finkielkraut dans son dernier ouvrage La seule exactitude. La seule exactitude est celle qui se déroule sous nos yeux en ce mois d’octobre 2015, celle qui voit arriver sur nos territoires européens des milliers de « migrants-réfugiés » prêts à tout pour ne pas finir sous les balles de leur guerre nationale. Celle que craignent nos compatriotes et qui amène aux dérapages incontrôlés dont raffolent les journaux et autres chaînes d’information en continu. Un dérapage qui pousse à la division et aux débordements faciles…malheureusement !

Arrêtons de nous référer sans cesse aux précédentes intégrations, émigrations, immigrations, assimilations qui avaient lieu dans un autre temps et dans un autre contexte; portons nous sur l’actuel et analysons-le avec des termes qui appartiennent à notre époque. Soyons dans le présent tout simplement.

Qui pour en parler ?

D’autant qu’il existe bel et bien des races, non pas marquées par une couleur de peau ou une religion mais reflétant plutôt un développement personnel. Je veux parler des “races culturelles” composées d’auteurs de première classe tel Jean d’Ormesson; idéologiques avec des penseurs clairs et qui ont des avis tranchés sur les questions clivantes, prêts à dépasser l’éternelle frontière droite-gauche, je pense à Michel Onfray; artistiques avec des productions de génie à l’image du spectacle « Poésie ? » de Fabrice Lucchini qui renoue avec un sens parfois trop oublié de perfection scénique…

Tant d’œuvres écrites, orales, jouées, produites, imaginées, argumentées qui n’appartiennent qu’à une seule race: celle du rayonnement de la France.