Constat sur la presse papier

Depuis combien d’années dit-on que le journal est en crise ? que la presse papier court droit vers sa disparition et pourtant cette dernière résiste et est toujours présente chaque matin dans tous les kiosques de France. Un succès paradoxal vis à vis de l’offre médiatique numérique toujours plus croissante de nos sociétés du XXIème siècle.

De plus, la dynamique moderniste africaine pousse l’information Internet à se démocratiser à l’échelle continentale. Cette concurrence inégale nous pousse donc au questionnement : la presse papier est-elle vraiment condamnée à disparaître ?

Le kiosque et ses journaux : un modèle dépassé ?

Le kiosque, aujourd’hui, a quelque peu perdu de sa superbe : on y trouve des briquets, des jouets, des souvenirs ou des chewing-gum ; il n’est plus le distributeur de journal attitré que nous fréquentions chaque jour, il se diversifie pour faire face à la concurrence toujours plus grande d’Internet notamment.

En 2015, le papier est en perte de vitesse, on parle de la « crise du journal papier », et ce sont naturellement les kiosquier qui en font les frais. Pourtant d’autres modèles ont su s’adapter : les “gratuits” ou, plus “moderne”, les alertes sur smartphone.

L’Homme de 2015 ne lit plus d’articles, il survole des dépêches AFP; l’Homme de 2015 ne veut plus dépenser pour s’informer : il attrape au vol dans les couloirs du métro son Direct Matin, Métro News ou encore 20 minutes. La mondialisation aidant, notre mode de vie s’accélère et la lecture quotidienne, notamment de journaux, en pâtit lourdement au profit de lectures par écran interposés sur des sites médias toujours plus perfectionnés.

Alors, la « presse Internet » est-elle en train de « ringardiser » pour de bon la « presse papier » ?

La « presse Internet » et ses résonances africaines

La modernisation des réseaux et l’émergence d’Internet à l’échelle mondiale poussent le modèle du « journal papier » à se réinventer à chaque instant. Des titres légendaires comme Libération se voient dans l’obligation de licencier afin d’éviter la faillite. Parallèlement l’offre internet de ces entreprises de presse n’en finit plus d’évoluer. A titre d’exemple, Le Monde a décidé de lancer dès le début de cette année 2015, une édition quotidienne matinale disponible uniquement sur smartphone, Les applications comme celle du Figaro font partie des plus développées en terme d’information, avec un rythme d’une « news » par minute ou presque. L’organigramme de ces mastodontes de la presse française est désormais divisé en deux parties bien distinctes : une pour le papier et une autre, de plus en plus envahissante et ambivalente pour Internet.

D’un point de vue international, ajoutons également qu’une dynamique toujours plus globale d’accès généralisé à Internet se fait sentir en Afrique. L’Afrique est le continent du futur où pas moins de 200 millions de ses habitants bénéficient déjà d’un accès à Internet, c’est, par conséquent, 200 millions de clients potentiels de la « presse Internet »: un potentiel gargantuesque. Le journal Le Monde est d’ailleurs, comme souvent, avant-gardiste sur ce type d’enjeu géo-politiques et a senti le vent tourné. C’est ainsi qu’il lance cette semaine une nouvelle déclinaison: Le Monde Afrique qui s’intéresse à l’actualité de ce continent pionnier mais pas seulement sous l’aspect des guerres civiles ou encore du virus Ebola. En effet, Le Monde Afrique est une organisation francophone qui regarde l’Afrique à travers un point de vue novateur qui ne demande qu’à être approfondi par d’autres maisons médiatiques.

Comment la presse papier pourra-t-elle survivre à une telle concurrence, installée bien souvent au sein même de son schéma d’organisation ou témoignant même, plus largement, d’une dynamique continentale ?

Lespoir naissant dun secteur à bout de souffle

L’attentat du mercredi 7 janvier au siège de Charlie Hebdo a déclenché presque subitement une chaîne de solidarité internationale que l’on a pu mesurer de manière impressionnante lors de la mobilisation du 11 janvier. Logiquement le deuxième effet « kiss cool » de ce sombre acte terroriste se joue dans les kiosques.

Mercredi 14, une semaine après l’attaque, ces derniers étaient assiégés de toutes parts dès leur ouverture, parfois même à 5h du matin. « Je n’avais jamais connu ça, il m’est même arriver d’être effrayé à l’ouverture » m’a confié mon kiosquier versaillais quotidien, presque sous le choc d’avoir été dévalisé de tous ses Charlie Hebdo le matin même.

Paradoxalement, quelle joie pour le jeune passionné des mots et des articles que je suis, de voir une telle affluence devant un titre de presse. Pour les « papivores » dont je fais partie, ce foisonnement de lecteurs représente même un signe d’espoir pour tout l’univers de la presse française. Certains vont peut-être même redécouvrir le kiosque et la richesse de son offre : des revues spécialisées comme CLES, des nouveaux titres ambitieux comme lOpinion ou encore Le 1, etc…

Achetez Charlie oui mais achetez également Libé, lHuma, Le Monde, La Croix, Psychologie magazine, L’éléphant, redécouvrez la multiplicité des titres présents dans votre kiosque, caressez le papier et humez son parfum, dépliez le fièrement dans le métro ou au boulot. Et rappelez vous qu’en achetant votre journal, c’est notre liberté d’expression que vous faites vivre !

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